Depuis les années 90, les séries phares qui se sont inscrites dans l'inconscient collectif sont légion. Les plus célèbres seraient X-files, urgences, New York Police Blues, Les sopranos, Alias, Friends, Sex and the city, Lost, Desperate Housewives, Ally Mc Beal, Les experts, Buffy contre les vampires, Oz, Six feet under, Millenium, Prison break, 24, Cold Case ou encore The shield. La profusion d'émissions de qualité est un parallèle à l'émergence de créateurs qui ont révolutionné le monde des séries TV, tels que Chris Carter, Alan Ball et J.J Abrams, entre autres.
L'objectif d'une série étant de durer dans le temps, l'accroche du spectateur est évidemment un élément clé de son succès, et donc de sa pérénité. C'est par le biais du scénario que s'est effectuée la mutation profonde de ce média. D'abord en pénurie d'imagination dans les années 80, les auteurs ont été dans l'obligation de modifier totalement leur façon d'aborder le sujet. Ils ont donc dépassé la méthode "serial" pour offrir une grande qualité d'écriture, tant en termes d'originalité du pitch de base que de traitement narratif. Finie la succession d'épisodes identiques, maintenant il faut captiver l'audience, lui donner envie de revenir voir le show. La première refonte du système fut de développer lune vraie intrigue en toile de fond, qui tiendrait le spectateur en haleine jusqu'au bout. Les épisodes regorgent de révélations, de cliffhangers éprouvants pour les aficionados.Cette émulation a favorisé une réelle inventivité chez les scénaristes, tenus de surprendre et captiver sur de longues périodes, mais paradoxalement avec des chapitres courts.
Aussi, les séries actuelles repoussent sans cesse les limites du cadre télévisuel dans lequel elles évoluent grâce aux moyens de production investis, au refus du compromis (on n'a jamais vu autant de sexe, de violence, d'humour ou de ton décalé) et aux plongées immersives dans des univers dans lesquels le spectateur était peu habitué à évoluer (hôpitaux, cellules occultes du gouvernement, brigades spéciales, milieu gay, etc...). cette évolution offre un vrai panel de possibilités créatives à ces auteurs, tout en livrant à l'audience un show digne du grand écran.
Tous ces éléments concourrent à faire de ces séries des ovnis télévisuels qui en remontrent aux studios de cinéma en matiète d'inventivité artistique et de capacité de remise en cause, tout en surfant sur le contexte social actuel. Mais à force de se prendre pour le grand écran, le petit subit le revers de la médaille : la multiplication des révélations et autres extravagances frôlent parfois le n'importe quoi, la longueur de certaines séries devient lassante, les artistes phares sont attirés par les majors hollywoodiens et les budgets s'envolent. S'il survit à ses envolées, le monde du petit écran pourra vraiment devenir le nouveau média de prédilection des cinéphiles amateurs. Encore faut-il en avoir les moyens. Mais il y a fort à parier que les nouvelles séries, telles que Weeds, Rescue me, Big love, Rome, Sleeper cell ou How I met your mother, sont une nouvelle vague de shows TV de qualité. Le spectateur n'est pas près de décrocher ....




