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Narc, de Joe Carnahan, avec Jason Patric, Ray Liotta

Narc, de Joe Carnahan, avec Jason Patric, Ray Liotta
Un agent infiltré de la brigade des stupéfiants se fait tuer. Lorsque l'enquête stagne, la police de Detroit fait appel à Nick Tellis (Jason Patric), ex-flic des stups licencié 18 mois plus tôt. Il doit faire équipe avec l'agressif Henry Oak (Ray Liotta), vétéran et ami/partenaire de la victime. Nick doit également composer avec sa femme qui n'apprécie pas son retour dans la rue et avec sa propre culpabilité envers son passé de toxicomane et l'erreur qui lui fut fatale.

Annoncé comme un polar choc, "Narc" permet à deux acteurs trop rares de revenir sur le devant de la scène, et d'étoffer leur filmographie de prestations exceptionnelles. Le film est centré autour de ses deux protagonistes, dont il présente l'univers sans détours, entre un métier de plus en plus impossible et une vie un tant soit peu gâchée. Autant intéressé par ces individus errants que par l'enquête elle-même, Carnahan présente son "héros" (Jason Patric) comme un personnage meurtri en proie à une introspection, dissimulé sous l'apparence de cette nouvelle affaire. Il donne ainsi la part belle à ses acteurs, le trop souvent absent Ray Liotta mais surtout Jason Patric, qui trouve ici sans aucun doute son meilleur rôle. Jamais il n'aura campé un personnage aussi torturé avec autant de brio, pas même dans "Sleepers".
A ce titre, son introduction "immédiate" lors de la scène d'ouverture fera planer une ombre pesante sur tout le film. Cette séquence choc instaure d'emblée ce climat de tension permanent qui donnera lieu à quelques séquences dont la brutalité peut choquer.

Mais la véritable révélation du film n'est autre que son réalisateur, Joe Carnahan. Samise en scène serrée, glaciale et nerveuse rappelle certaines oeuvres phares des années 70, telles que "Serpico" ou "French connection".
La caméra de Carnahan transfigure bien l'état de ses personnages, hantés par leur passé, leur présent et leur futur. Tous ces éléments sont mis en parallèle avec une investigation dont l'évolution dramatique tient le spectateur en haleine. Aidé par des tonalités froides et une partition envoûtante, le réalisateur instaure une atmosphère pesante, voire glauque, plongeant le spectateur dans les méandres d'un polar sombre. Avec un style proche du documentaire, le cinéaste va même jusqu'à filmer caméra au poing ses acteurs menant l'enquête, posant leurs questions à des vagabonds et autres passants rencontrés en pleine rue lors du tournage. Cette volonté d'ancrer le film dans une réalité connue de tous fait de "Narc" un film policier au-delà du polar commun. Le jury du festival du film policier de Cognac ne s'y est pas trompé en attribuant le prix "Specail Police" en 2002.

Le film de Joe Carnahan propose une alternative aux polars musclés et s'inscrit dans la lignée des titres majeurs que j'ai cités, rappelant ainsi les heures glorieuses des films policier des 70's. "Narc" est un film coup de poing qui frappe aussi fort que l'impact d'une balle.
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# Posté le jeudi 23 août 2007 09:35

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