Diary of the dead, de George Romero, avec Michelle Morgan, Shawn Roberts

Diary of the dead, de George Romero, avec Michelle Morgan, Shawn Roberts
Des étudiants en cinéma tournent, dans une forêt, un film d'horreur à petit budget, lorsque la nouvelle tombe au journal télévisé : partout dans le pays, on signale des morts revenant à la vie.
Témoins de massacres, de destructions et du chaos ambiant, ils choisissent alors de braquer leurs caméras sur les zombies et les horreurs bien réelles auxquels ils sont confrontés afin de laisser un témoignage de cette nuit où tout a changé.

Le cinéma caméra à l'épaule est devenu, au fil du temps, un genre en soi, et ce d'autant plus que rares sont les films qui ont su tirer parti de cette forme hybride, entre cinéma et télévision. Qu'il s'agisse de "Le Projet Blair Witch", "Cloverfield", aucun n'a réellement su dépasser la simple utilisation de leur format, le rétrogradant à un simple artifice esthétique. Seul le précurseur du genre, le cultissime "C'est arrivé près de chez vous", a jamais réussi à faire exister son propos en dehors de sa forme. George A. Romero, le cinéaste contestataire de la saga des morts vivants, est, on le sait bien, tout sauf un réalisateur formaliste. Qu'attendre alors de lui avec ce parti-pris visuel ?

Après le brulôt politique, l'anti consummériste, l'anti miltariste, Ro­me­ro s'in­ter­roge ici sur le pou­voir des images et de son uti­li­sa­tion (comprendre manipulation) dans l'in­for­ma­tion, bran­dis­sant comme un éten­dard une réplique re­don­dante : "ce qui n'est pas filmé n'existe pas". Les per­son­nages de "Diary of the Dead" sont des êtres dés­in­car­nés, dépendants des pe­tites vi­déos qu'ils pro­duisent et qu'ils ingurgitent. Des vi­déos qui se pro­pagent à une vitesse ex­po­nen­tielle, conta­mi­nant (comme les morsures) peu à peu les pro­ta­go­nistes dont les ca­mé­ras de­viennent des ap­pen­dices na­tu­rels. "On dirait que tu as une caméra greffée au visage" lance Debrah à Jason, lequel avouera fréquemment ne pas pouvoir s'empêcher de filmer. Mise en garde ou pam­phlet contre la gé­né­ra­tion "you­tube" ? Pendant ce premier segment du métrage, Romero semble absent, comme effacé derrière cette caméra que manipule un de ses personnages. D'abord en pilotage automatique, la réalisation se fait progressivement plus personnelle pour devenir plus nerveuse, jouant sur la multiplication des points de vue, le montage et les hors champs. Au fur et à mesure que l'intrigue avance, finalement assez éloignée d'un classique film de zombies, le réalisateur semble reprendre le film en main, et parvient finalement à faire passer son message. Comme la bande à Poelvoorde auparavant, il a compris que ce qui est montré est autant important que la manière de le montrer.

Préférant jouer avec le support médiatique, sur le fond comme la forme, le réalisateur délaisse les effets gore, qu'il distille avec une retenue inédite, leur préférant un apport humoristique bienvenu. En effet, jamais l'humour n'a été aussi présent dans la saga des morts vivants. Pourtant, cet opus est certainement le plus sombre de la saga. L'hu­main tré­passe, les ins­ti­tu­tions s'ébranlent, les va­leurs s'ef­fritent... rien que du très clas­sique pour le réalisateur, qui a tou­jours mis l'homme, son com­por­te­ment et sa bar­ba­rie au centre de son oeuvre, les zombies révélant au grand jour ses travers. Avait-​il ce­pen­dant déjà abor­dé la chose de façon aussi si­nistre ? Alors, quand il mêle habilement l'humour à l'horreur pure, le film devient carrément jouissif, Notamment lorsqu'il décide de décortiquer les codes du cinéma d'horreur, quand le tournage de la scène interrompue par les évènements devient réalité. Certaines séquences sont un délice, comme le court passage chez un amish dynamiteur ou encore celui de l'hôpital, avec à la clé une utilisation inédite des défibrilateurs !

Comme toujours imprégné de ses réflexes de cinéaste bis, Romero explicite parfois lourdement sa critique de l'omnipotence médiatique. Sa chronique des morts vivants devient par moments bancale, emplie de cet humour grandguignol atypique, mais malgré cela, la sauce prend. Loin d'être parfait, "Diary of the dead" perd peut être en efficacité ce qu'il gagne en intelligence. Roméro signe un film dans la lignée de son oeuvre, parfois imparfaite certes, mais toujours stimulante.

# Postato mercoledì 08 ottobre 2008 08:36

Modificato mercoledì 08 ottobre 2008 09:22

Liste de mes blogs

Liste de mes blogs
Voici mes deux autres blogs, pour vous faire partager mes deux autres passions :

- La partition le Lorang, blog musical : http://lorang1.skyrock.com/
Ce dernier vient tout juste de naître, donc il n'y a pas grand chose à se mettre sous la dent. J'y présente des albums et des artistes, avec vidéos à l'appui. Si vous adorez Christophe Maé, Diam's ou Céline Dion, ce blog n'est vraiment pas fait pour vous ! mdr. Préparez vos médiators, réglez vos amplis, enfilez vos blousons en cuir et armez vous de vos lunettes de soleil : Rock is alive !

- L'antre de Lorang, blog "littéraire" : http://lorangbis.skyrock.com/
Pour faire découvrir les livres que j'ai aimés (ou pas), qu'ils soient romans ou bandes dessinées. Là aussi, si pour vous le patrimoine littéraire est uniquement synonyme de grands classiques et de romans de gare pour séances de bronzette sur la plage, n'allez surtout pas lire les bouquins idiots et débilisant que je propose de ranger dans les bibliothèques ! Des justiciers masqués en collant ? Des batailles improbables mettant en scène les monstres les plus invraisemblables ? Une honte pour certains, un régal pour moi !
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# Postato giovedì 16 ottobre 2008 12:25

Modificato domenica 19 ottobre 2008 04:34

Tonnerre sous les tropiques, de et avec Ben Stiller, Robert Downey Jr, Jack Black

Tonnerre sous les tropiques, de et avec Ben Stiller, Robert Downey Jr, Jack Black
Un casting d'enfer pour un voyage... au bout de l'enfer ! En tête d'affiche : Tugg Speedman, la star du film d'action, en chute libre depuis ses trois derniers navets. A ses côtés : Jeff Portnoy, spécialiste des comédies (très) bas de gamme, avide de prouver ses qualités de comédien ; Kirk Lazarus, acteur "Méthode" multi-recompensé et 100 % givré ; Chino, superstar pop et fan d'Al Pacino ; et Kevin Sandusky, le fringant petit jeune tout heureux de faire partie de la bande. Cinq egos surdimensionnés au service du "plus grand film de guerre de tous les temps". Sur le papier, ça se tient (ou presque), mais sur le tournage tout dérape : les caprices des stars et l'incapacité du réalisateur, Damien Cockburn, font grimper les frais à une allure vertigineuse, au point que le studio décide de tout arrêter... C'est alors que Damien a l'idée "géniale" d'entraîner sa petite troupe au coeur du Triangle d'Or pour une expérience de "cinéma-vérité" d'un genre inédit. Mortel...

Sous ses dehors de comédie bête et méchante, "Tonnerre sous les Tropiques" est un miroir à peine déformant des coulisses d'Hollywood. Tous les stéréotypes sont réunis, propices à des gags plus ou moins lourdingues. Le contexte d'un tournage commando dans la jungle vietnamienne ne sert qu'à assurer le spectacle, avec explosions et fusillades exagérées. L'essentiel repose dans le portrait de personnages dérangés : la star de blockbusters sur le retour en quête de crédibilité (Ben Stiller, excellent) l'acteur multi oscarisé qui habite ses rôles comme personne (Robert Downey Jr, phénoménal), le comique drogué (Jack Black, quasi figurant), le réalisateur mégalo, le rappeur bling-bling, le producteur dictateur ...
Dans le rôle de l'acteur dévoré par ses rôles au point d'oublier qui il est, Robert Downey Jr. vole la vedette à tout le monde, créant quasiment de l'émotion au milieu des bêtises des autres. L'acteur confirme son retour au sommet. "Tonnerre sous les Tropiques" est à voir absolument, rien que pour sa performance. A ce propos, saluons également la performance jubilatoire d'une mégastar dans le rôle d'un producteur mégalo, autant porté sur la réplique eastwoodienne version "le maître de guerre" que sur le coca light !

C'est un film bourré de clins d'½il et de private jokes, qui s'égare parfois en chemin, en avançant sur un rythme inégal. Les références fusent, des fausse bandes annonces du début aux fleurons du genre tels "Platoon", "voyage au bout de l'enfer" ou "Full Metal Jacket". Mais au delà de l'accumulation de clins d'oeil plus ou moins subtils, Ben Stiller livre un message corrosif sur l'entité Hollywood, celle du toujours plus, celle des businessmen, mais aussi celle des Oscars. L'importance de jouer un débile mental affublé d'un talent caché expliqué par Robert Downey Jr, ça vaut son pesant d'or ! Il se moque également de cette Amérique prête à vénérer ses anciens "héros" sans même vérifier leur authenticité. A tous les étages, chacun en prend pour son grade et c'est tant mieux ! Alors, à un moment, on se demande si "Tonnerre sous les Tropiques" n'aurait pas gagné à lever le pied sur la déconne grasse (les répliques sont d'une vulgarité quelquefois digne d'une série Z). Mais il reste de quoi se réjouir pendant près de deux heures, en particulier lors de quelques percées sadiques et gores bien senties.

Oscillant entre pamphlet satirique et action movie, "Tonnerre sous les tropiques" s'avère en apparence être un métrage comme ceux que condamne son réalisateur. Mais ce dernier garde ce recul nécessaire à toute critique par une mise en scène facétieuse et satirique, lui évitant de tomber dans ses propres pièges. Un film somme toute furieusement drôle, raison première pour laquelle le spectateur se déplacera dans les salles.

# Postato lunedì 20 ottobre 2008 12:51

Modificato martedì 21 ottobre 2008 04:53

La loi et l'ordre, De Jon Avnet, avec Robert De Niro, Al Pacino, John Leguizamo, Carla Gugino

La loi et l'ordre, De Jon Avnet, avec Robert De Niro, Al Pacino, John Leguizamo, Carla  Gugino
Après avoir passé trente ans ensemble dans la police de New York, les détectives Turk et Rooster sont prêts à tout, sauf à prendre leur retraite. Peu avant leur départ, plusieurs criminels ayant échappé à la justice sont assassinés selon un mode opératoire qui rappelle celui d'un serial-killer que les deux enquêteurs ont mis sous les verrous plusieurs années auparavant. Une insupportable question se pose alors : Turk et Rooster se seraient-ils trompés ?
L'officier Karen Corelli s'interroge, et les détectives Perez et Riley espèrent résoudre l'affaire avant Turk et Rooster. Très vite, le lieutenant Hingis, leur chef, commence à craindre qu'un policier ne soit impliqué. C'est le début d'une enquête à hauts risques...

A l'annonce du tournage de "la loi et l'ordre", comme beaucoup de cinéphiles, j'étais tout excité à l'idée de voir réuni pour un film entier deux des plus grands acteurs américains de l'histoire : Al Pacino et Robert De Niro. Cette réunion ne fut certes pas une première, puisque Coppola les avait déjà associés dans le casting du "Parrain 2" même si ce ne fut que par le biais de fondus enchainés, l'un jouant le fils de l'autre. Michael Mann a quant à lui réussi l'exploit de filmer les deux acteurs dans une même scène mémorable de six lminutes dans le splendide "Heat". Alors, lorsque fut confirmée l'association des deux monstres sacrés pour un duo de une heure quarante, les rêves les plus fous prirent vie en moi. Sauf que .... Sauf que cette fois, point de Coppola. Point de Mann.

"Si nous avons attendu aussi longtemps pour être réunis de nouveau à l'écran, c'est que nous attendions LE script qui nous emballerait". Cet argument résonne encore dans mon esprit.
C'est avec conviction que les deux acteurs ont asséné cette phrase durant toute la promotion du film. C'est pourtant l'un des plus gros écueils de ce film. En effet, comment le scénariste de "Inside man" a t-il pu signer une scénario ausi indigeste ? Mais surtout, comment deux légendes comme Al Pacino et Robert De Niro ont ils pu s'extasier à sa lecture au point de le choisir pour réaliser le fantasme de milliers de cinéphiles ? Dès le premier quart d'heure, tout le suspense s'effondre. A la vue des premières séquences, une mouette elle même arriverait à deviner le dénouement de l'intrigue, que le scénariste aurait voulu amener comme un twist. Comment croire en effet à cette improbable histoire de flic vengeur, alors que les sujets de l'auto-défense ou des aberrations judidiciaires ne sont même pas effleurés ? La faute à une intrigue qui tombe d'entrée à l'eau, mais aussi à un réalisateur transparent, sans âme aucune. Des les premières images, le (mauvais) ton est annoncé : séance de tir entre deux "potes" déchainés sur une musique tarantinesque de bien mauvais goût pour l'occasion (je n'ose même pas parler du montage). D'emblée, le film passe à côté de son sujet, tue dans l'oeuf toute idée de réflexion, toute identité artistique pour ne surfer que sur la popularité inégalée de ses deux stars. Passer deux heures en compagnie de deux immenses acteurs pourrait excuser bien des errements scénaristiques. Mais Jon Avnet, n'est pas Coppola, ni Mann. Je l'ai déjà écrit. Mais il n'est pas non plus un commandant qui tient la barre de son navire. Il laisse ses comédiens en roue libre, et on assiste alors à une véritable compétition de cabotinage comme rarement on n'en a vu. Ils ont beau s'amuser avec sincérité, De Niro et Pacino ne parviennent à aucun moment à sauver ce film. J'ai pour habitude de dire que le privilège des légendes est que paraître leur suffit pour que la magie opère. "La loi et l'ordre" prouve qu'à chaque règle son exception.

Le coeur a ses raisons que la raison ne connaît pas.
Ce constat m'est apparu comme une évidence à l'issue de la projection de ce "Righteous kill" dans lequel je ne nourissais pas de grands espoirs, je dois l'avouer. Fort heureusement, au vu du résultat. Pourtant ce film a été fait pour des gens comme moi. Cette race de cinéphile qui est prêt à tout pardonner à ses idoles. Même un film insipide comme ce "Righteous kill" ... Peut être est ce cela, le vrai privilège des légendes ....

# Postato lunedì 20 ottobre 2008 15:00

Modificato martedì 21 ottobre 2008 04:54

Lost, saison 1, de J.J Abrams, avec Matthew Fox, Naveen Andrews, Terry O'Quinn

Lost, saison 1, de J.J Abrams, avec Matthew Fox, Naveen Andrews, Terry O'Quinn
Attention, cet article s'adresse avant tout aux personnes ayant déjà vu l'intégralité de la première saison, la fin de l'article évoquant lson dénouement.

Très remarqué par ses deux créations précédentes (Felicity et Alias), J.J. Abrams fut appelé en renfort en début d'année 2004 pour tenter d'uniformiser et de consolider un concept imaginé par Jeffrey Lieber et Damon Lindelof : celui d'une poignée d'individus mystérieusement rescapés d'un crash aérien sur une île déserte du Pacifique.

Aux commandes du pilote de la série (un double épisode d'1h20), J.J. Abrams place aussitôt la barre très haut avec une entrée en matière qui cloue littéralement le spectateur sur son fauteuil dans le même état désemparé et désorienté que Jack, le personnage principal (un « réveil » qui ne sera pas sans rappeler là encore celui de Sydney Bristow dans le tout premier épisode d'Alias). Où sommes-nous ? Comment sommes-nous arrivés ici ? Pourquoi ? Autant de questions qui trouveront des réponses sitôt la situation de crise actuelle passée.
Doté d'un budget qui s'élèverait à quelques 10 millions de dollars (soit l'épisode le plus cher de l'histoire de la télévision), le pilote de Lost s'ouvre en effet sur l'une des séquences les plus hallucinantes vues sur un petit écran. Au cours de l'année passée, seuls deux autres shows sont parvenus à égaler un tel niveau d'intensité : "24", série rompue à l'exercice qui livre de telles séquences en moyenne tous les quatre ou cinq épisodes et "Numbers", dont le deuxième épisode réalisé par Davis Guggenheim (metteur en scène lui aussi rompu aux séries télés tel que "Alias", "24", "The shield" ou encore "Deadwood") s'ouvre sur un braquage de banque de près de cinq minutes (pour un épisode de 42 !) tout simplement prodigieux.

Ce crash aérien d'une furie visuelle et sonore (un homme littéralement aspiré par l'une des turbines de l'appareil encore rugissante) en ouverture de "Lost" ramène aussitôt les protagonistes (et par extension le spectateur tout aussi perdu) aux questions précédentes à commencer par la plus insoluble de toutes : par quel miracle cette quarantaine de personnes ont-elles bien pu réchapper à pareil catastrophe ? Une question qui trouvera en partie ses réponses, tout comme les autres interrogations, dans le passé de chacun. Car, à partir d'un concept à priori limité (sur le plan géographique notamment), la grande trouvaille de la série est d'avoir su rallier passé et présent en scrutant les antécédents de chaque survivant à l'aide de multiples flash back en parallèle de la découverte de cette nouvelle (sur)vie au grand air qui s'offre désormais à eux.
On découvre ainsi rapidement que, bien loin d'être les passagers lambda d'un vol quelconque, toutes ces personnes semblent avoir embarqué à bord de ce vol Flight Oceanic 815 pour des raisons aussi hasardeuses que curieusement concordantes : le chirurgien endeuillé par la mort d'un père avec lequel il était en conflit (Jack), la hors-la-loi en fuite dont la mère est grièvement malade (Kate), la future jeune mère célibataire (Claire), l'ex-rock star droguée (Charlie), le père qui doit apprendre à vivre avec son fils suite au décès de son ex-femme (Michael et Walt), le fils à maman qui a eu le malheur / bonheur de gagner au loto (Hurley), le demi-frère amoureux de sa soeur (Boone et Shannon), l'ancien soldat iraquien tortionnaire et déserteur (Sayid), un présumé assassin au passé familial sanglant (Sawyer), l'homme de la pègre coréenne et son épouse soumise en apparence (Jin et Sun), sans oublier le plus miraculé de tous, la victime d'une arnaque aux dons d'organes (Lock) qui, après avoir été cloué sur un fauteuil roulant, chasse désormais le sanglier en pleine forêt à grandes enjambées (l'île de Lost où le nouveau lieu de pèlerinage après Lourdes ?). Jamais une série n'a fourni autant de personnages de grande qualité, hormis peut être "Heroes" lors de sa première saison.

Autant d'individus représentatifs de la société actuelle dans toute sa largeur (argent, drogue, réussite, bonheurs et désillusions familiales / amicales / professionnelles…) et qui vont être amenés à reproduire cette société à l'identique au sein de leur nouvel écosystème : repérage, recensement, organisation, confiance, soupçons, instauration de règles… Car non content de dévoiler leurs vies antérieures, Lost confronte également ses différents personnages à leur propre passé tourmenté, réalisant ainsi une étude sociale aussi juste que passionnante.
Les réponses sur la vie de chacun amènent alors d'autant plus de questions, à l'image de cette île au pouvoir attracteur aussi mystérieux que sa véritable nature. Quel est donc ce lieu énigmatique qui semble échapper à toutes les lois physiques en vigueur, à commencer par les règles temporelles, aussi bien chronologiques (une ancienne expédition échouée ici 16 ans plus tôt) que climatiques (un ours polaire au bout milieu d'une île tropicale du Pacifique !) et qui recèle en son sein la plus effrayante de toutes les peurs « matérialisée » par le biais de cris « dinosauriens » d'une créature constamment suggérée mais jamais dévoilée (réalité ou hallucination collective ?). Autant de questions et (d'éléments) de réponses, de mystères et de peurs qui captivent, intriguent et scotchent le spectateur à chaque nouvel épisode derrière son petit écran.
Aussi, à une ou deux exceptions près, la plupart des acteurs de la série furent encore (quasiment) inconnus du grand public avant l'engouement qu'a connu "Lost". Ainsi, seuls les plus connaisseurs auront déjà croisé (souvent dans des seconds rôles) Emilie de Ravin dans "Roswell", Daniel Dae Kim dans "Angel" ou "24", Kim Yoon-jin dans les blockbusters coréens comme "Yesterday", Terry O'Quinn dans "Millennium", "X-Files", "Le royaume" ou "Alias", sans oublier bien entendu le Merry de la trilogie du "Seigneur des anneaux", Dominic Monaghan. Une façon comme une autre, en guise de conclusion de cette première saison, de prouver que n'importe lequel des protagonistes peut y passer dans un environnement aussi hostile et étrange. Le choix d'un des personnages principaux (une trentaine d'autres attend encore patiemment en arrière-plan) renforce encore davantage cette sensation de vulnérabilité À ce dénouement tragique sur le plan humain s'ajoutent ensuite une expédition de sauvetage en mer avortée par des gardes-chiourmes côtiers qui privent les « habitants » de l'île de toute possibilité d'évasion de cet environnement en vase clos (on pense alors au "Truman show") avant que cette première saison ne se referme (s'ouvre) définitivement sur un tunnel aussi abyssal que les questions qui restent encore à élucider.

Ces deux cliffhangers finaux sonnent alors curieusement comme un appel de détresse pour rallier l'intensité des premiers épisodes et relancer de plus belle la deuxième saison annoncée comme contenant plusieurs réponses, mais sans doute également beaucoup d'autres questions, la plus centrale de toute étant assurément : quel est donc le véritable secret de cette île ? Attention toutefois à ne pas trop lâcher la bête en pleine nature (comme ce fut le cas par exemple des troisième et quatrième saisons d'Alias, simple recyclage des deux premières années) si les créateurs / scénaristes de Lost ne tiennent pas à se retrouver face à une série qui tourne en rond et n'aboutit jamais (remember la conspiration extra-terrestre de "X-Files" qui avait fini par lasser jusqu'aux fans les plus fervents). S'il n'est donc pas trop occupé à jouer dans la cour des grands (comprendre le grand écran), J.J. Abrams ferait peut-être bien de surveiller de plus près ses petites créatures chéries s'il ne souhaite pas que celles-ci soient à jamais portées disparues.
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# Postato martedì 21 ottobre 2008 05:11

Modificato martedì 21 ottobre 2008 08:50