Mémoires de nos pères, de Clint Eastwood, avec Ryan Philippe, Adam Beach, Jamie Bell, Jesse Bradford

Mémoires de nos pères, de Clint Eastwood, avec Ryan Philippe, Adam Beach, Jamie Bell, Jesse Bradford
Trois soldats ayant participé à une photographie montrant une levée du drapeau sur le mont Suribachi sont rapatriés de l'île d'Iwo Jima, suite à sa publication.
Produit par Spielberg, le titre « flag of our fathers » offre des relents de patriotisme, voire de nationalisme, mais un tel film dans les mains d'indépendants tels que Clint Eastwood et Paul Haggis (scénariste) rend minime l'éventualité d'un banal film de propagande. Bien au contraire.

Rarement le cinéma a porté sur la guerre un regard aussi juste. Eastwood s'en sort avec les honneurs, en filmant au plus près de ses personnages ces moments d'amitié profondes entre jeunes soldats, autant si ce n'est plus préoccupés par la survie de leurs copains que la leur. Mais il n'en oublie pas moins de filmer la guerre dans son atrocité et ce qu'elle a de spectaculaire. Mais ce nouveau film de Clint Eastwood n'est pas non plus une resucée de « Il faut sauver le soldat Ryan ». Son premier propos est politique.
En choisissant une photo célèbre comme élément central de son histoire, Eastwood se sert de la légende pour raconter l'histoire d'une réalité moins glorieuse. Il dénonce alors la récupération que font les politiciens d'un cliché dont le sens propre leur échappe. En effet, cette photo, outre l'illustration parfaite de la victoire, permet l'instauration d'un nationalisme exacerbé et surtout de renflouer les caisses de l'armée afin de terminer cette guerre. Leur nouvelle mission consiste alors à faire le tour du pays pour récolter des fonds, et à s'exhiber en tant que héros, statut dont ils ont du mal à s'accommoder.
Car l'histoire est autre.

Ce drapeau a été planté deux fois. Le film raconte alors cette indécence à se faire passer pour des héros. C'est un hymne à tous ces combattants anonymes qui n'avaient d'autre but que de se sortir de l'enfer, leurs copains avec eux. Le propos est clair. Et quand survient la séquence de la ballade de Ira Hayes, le film offre un de ces moments de grâce et de mélancolie dont ce cinéaste a le secret. Et termine son discours, implacable. Le rejet des indiens, même vainqueurs d'une guerre atroce, révèlera les prémices du désaveu d'autres combattants, ceux du Viet-Nam. Car vingt ans après, il n'y avait pas de drapeau en première page, mais le cliché d'un vietcong tirant une balle dans la tête d'un de ses compatriotes.
Pas de récupération pour les politiciens, ce jour là.

Clint Eastwood a réussi son « mémoires de nos pères ». Parfois, il se laisse emporter par l'ampleur de son sujet, ce qui le pousse à commettre de rares (et mineures) erreurs. Mais c'est avant tout un film humaniste. Il ne joue pas la corde sensible, et ne termine pas son film sur l'hymne américain. Pas de héros. Pas de méchants. Juste de valeureux soldats au comportement exemplaire à l'encontre de leurs chefs. Et son plus grand respect va jusqu'au générique de fin, simple et poignant comme un recueillement sur une tombe.

# Posté le jeudi 23 août 2007 10:06

Rosario, de Emilio Maillé, avec Flora Martinez, Unax Ugalde

Rosario, de Emilio Maillé, avec Flora Martinez, Unax Ugalde
Depuis que Rosario a rencontré la vie, elle n'a pas cessé de se battre avec elle. Quand on naît à Medellín, ville de la drogue et de la prostitution, on n'a guère de chance de vivre. Mais Rosario est une fille qui ne ressemble à personne : belle, tenace, fatale. Quand Antonio et Emilio, deux amis issus d'un milieu aisé, croisent la route de Rosario, ils en tombent immédiatement amoureux et se retrouvent plongés dans un monde de plaisir, de violence et de mort.

Cette fiction intimiste possède une substance dense et robuste, assurée par le roman d'origine dont il est adapté, "la fille aux ciseaux", et dresse un beau portrait de femme. Le réalisateur s'adjuge alors un beau tempérament d'actrice : Flora Martinez, visage d'ange perdu dans le tumulte d'une ville rongée par le vice. Cette dernière, impressionnante, porte le film à bout de bras et campe une Rosario, femme fatale pleine de fêlures, d'une vérité saisissante. L'actrice est prodigieuse de bout en bout.

Le film joue la carte de la déconstruction chronologique et narrative pour raconter une histoire de triangle amoureux, prétexte à un embarquement immédiat dans la vie nocturne de Medellin. Le film ressemble ainsi à sa protagoniste et gratte le vernis artificiel des premières images pour creuser plus profond, au gré des flash-back, dans ses élans autodestructeurs et sa soif de vengeance. A l'ultra violence, le réalisateur adjoint le surréalisme et le morbide, comme lors de la séquence au cours de laquelle Rosario rend les derniers hommages à un de ses proches en emmenant son corps dans un bar, où elle lui paye un striptease ! Le corps refroidit dans les volutes de fumée de cigarettes et sous l'éclat poisseux des néons abîmés. Le film dépeint alors une véritable descente aux enfers dans les bas fonds de la ville de Pablo Escobar, où la limité entre la vie et la mort devient de plus en plus ténue au fur et à mesure que le film avance.

Puis, dans cet enfer où tout devient une question de survie, naît une histoire d'amour accidentelle et pourtant palpable, romantique et donc casse-gueule. Loin de l'exposition d'un contexte social difficile, les deux tourtereaux, jusque là noyés dans cette haine qui gangrène cette ville putride, découvrent ce que veut dire aimer. Sans doute trop fasciné par son actrice qui dévore littéralement la pellicule, le réalisateur explore les prémices d'un amour salvateur et se tire plutôt bien d'une situation risquée, malgré une ou deux longueurs dispensables. Le sentiment de fatalité qui se dégage du film annonce alors le tragique, car dans la vicieuse Medellin, tout se paie.

Sans être d'une grande originalité dans la mise en scène, "Rosario" impose un rythme qui lui est propre, livrant une peinture sans concessions des quartiers de Medellin. Mais avant tout, le film reste un véhicule pour la prodigieuse Flora Martinez, dont il y a fort à parier qu'on en entendra encore parler.
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# Posté le jeudi 23 août 2007 10:11

Boulevard de la mort, de Quentin Tarantino, avec Rosario Dawson, Kurt Russell, Zoé Bell

Boulevard de la mort, de Quentin Tarantino, avec Rosario Dawson, Kurt Russell, Zoé Bell
Dire que j'ai été voir ce film avec beaucoup de réticences est un euphémisme. D'abord écoeuré par la non distribution de "Grindhouse" chez nous, étonné par l'ampleur d'un pseudo mouvement anti Tarantino, j'ai finalement retrouvé suffisament d'espoir en vous lisant. Suffisament pour aller le voir.
19H30. Armé de mon ticket, je m'installe dans la salle, tout en me reprochant la stupidité qui me faisait appréhender le nouvel opus de QT : "Allez, c'est quand même Tarantino ! Ca ne se refuse pas !" Les lumières s'éteignent, le logo "our features présente" s'affiche, dégradation de l'image, générique. Je retrouve d'emblée cet univers rock'n'roll particulier et je me dis : "qu'est qu'on est bien chez soi !".

Puis arrive la première séquence du film : trois filles dans leur voiture en train de déblatérer. J'écoute et je me rends compte de la superficialité du dialogue (grossier, sans fond, inutile) mais je me dis : "bah, vu les filles qui sont présentées, c'est normal, et donc en phase avec les personnages". je reste tout de même dubitatif ... jusqu'à me rendre compte (surprise !) que je m'ennuie ferme. Les dialogues sont sans saveur, grossiers, les actrices mauvaises. Tarantino s'offre son caméo, mais ce n'est franchement pas une réussite (on est loin de "Desperado"). Seule la B.O me tient accroché au film ....
Puis une lueur : Kurt Russell. Ce stuntman Mike débarque dans ce bar et le film gagne (enfin) en intérêt. Les dialogues, sans jamais atteindre le niveau des films précédents, s'avèrent bien plus construits, plus référentiels et on sent la marque de fabrique de QT. La séquence du bar s'achève et celle de la route démarre. Je commence à nager en plein bonheur, quand Tarantino se lance dans son délire "psychopathe de série Z" par l'entremise d'un Kurt Russell excellent, associé à une Rose Mc Gowan qui relève sensiblement le niveau de jeu des actrices (?). Ce passage franchement réussi se clôture par un accident dont la multiplicité des points de vue démontre une fois de plus l'originalité et le talent du metteur en scène.

Puis le film retombe dans cette espèce de catatonie où les dialogues crus et creux s'enchaînent jusqu'à me lasser définitivement, jusqu'à un dénouement qui me laisse sur la touche, faute à une course-poursuite supposée haletante que j'ai trouvée pour ma part interminable ... Comment est-ce possible ? C'est quand même de Tarantino qu'il s'agit ! Le grand cinéaste dont le sens du dialogue, la justesse de la répartie et l'impact de la réplique n'ont d'égale que la maîtrise de l'outil cinéma ! Dans "boulevard de la mort", point de "tu me flingues dans tes rêves, tu me demandes pardon en te réveillant". Alors j'essaie d'y réfléchir, totalement dérouté par ce que je ressens ... Est-ce la faute à un scénario qui tiendrait sur un cure-dent ? Pas vraiment, je sais bien qu'il fait référence à la série Z, peu réputée pour ses scénarii dignes de "Usual suspects"... Et puis, Tarantino excelle dans la parodie/caricature ("Une nuit en enfer", "Kill Bill"). J'envisage le côté parodique et caricatural des midinettes superficielles, mais je ne comprends pas alors ceux qui clament haut et fort que Tarantino filme les femmes et leur rend hommage comme personne avec ce film ! Je suis d'accord quand il magnifie Pam Grier et Uma Thurman, pas quand il se focalise sur les pétasses écervelées qui parsèment son film ! Parce que là, je ne trouve pas ça très flatteur pour la gente féminine .... Et si c'est une caricature de la bimbo version sitcom sans cerveau, Verhoeven l'a déjà fait, et avec plus de brio, dans "Starship Troopers" (y compris en ce qui concerne le jeu des actrices). J'en viens alors à m'identifier pleinement au mode de pensée de Stuntman Mike ...

Un autre état de fait me chagrine : les références et hommages. Là où je trouve qu'il maîtrise parfaitement le sujet, c'est dans l'inégalable "Pulp fiction" et dans "Kill Bill 2". Ici, c'est poussé à la caricature : le shériff Earl Mc Graw ne me fait plus rire, les affiches et autres clins d'oeil font un peu redite, mais quand il en vient à s'autoréférencer, je me dis que ça devient lourd ... voire prétentieux. Le plan tournant autour de la table lors d'une conversation entre différents personnages ("Reservoir Dog's") est repris jusqu'à l'overdose dans la séquence du coffee shop ... d'autant plus que le dialogue en question est mauvais. Quant à la scène de la lapdance, c'est une reprise de celle de "Une nuit en enfer", dont je préfère la sensualité et le charme épicé de Selma Hayek. Ce côté ultra référentiel de son cinéma commence t-il à se retourner contre lui ? Car une fois qu'il aura rendu hommage à tous les genres qu'il affectionne, que lui restera t-il à filmer ? Cet argument est facile pour ses détracteurs, mais il commence à m'inquiéter (même si l'incorrigible que je suis attends "inglorious bastards" avec impatience).

Reste que sur la forme, peu de films peuvent s'aligner sur l'objet en question. Raccords foirés, dégradation de la pellicule, jeu sur les couleurs et les cadres, musiques coupées arbitrairement, montage hasardeux, bande originale démentielle, tout y passe. A l'instar d'un Tony Scott dans "Domino", il exploite pleinement le médium cinématographique pour se livrer à un travail quasi expérimental, alors qu'à la base, il s'agit de restituer les conditions techniques de visionnage de l'époque. Tarantino derrière la caméra ne fait pas faux bond, lui. C'est un passionné, et ça se sent, comme toujours. Son amour pour ce cinéma qu'il affectionne transpire à chaque plan. Et c'est ce qui sauve ce "boulevard de la mort".

Finalement, je dirais que je suis très partagé en ce qui concerne ce nouvel opus tarantinien. Ce "boulevard de la mort" est peut-être à Tarantino ce que "la jeune fille de l'eau" est à Shyamalan : le premier raté de son auteur dont le talent et l'amour du cinéma demeurent intacts ... Ce qui est d'autant plus déroutant ...

P.S : je sais que cette critique sera difficile à lire pour vous, mais elle a été encore plus dure à écrire pour moi ...

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# Posté le jeudi 23 août 2007 10:14

Impitoyble, de et avec Clint Eastwood, Gene Hackman, Morgan Freeman, Richard Harris

Impitoyble, de et avec Clint Eastwood, Gene Hackman, Morgan Freeman, Richard Harris
"Impitoyable" est un condensé de tout ce qu'Eastwood fait de mieux en tant que cinéaste, et présente au spectateur tous les thèmes qui lui sont chers.
Il traîte la vieillesse (son personnage a sa vie derrière lui), il y clame encore et toujours son amour pour les marginaux, voire les loosers (une quasi constante depuis "Josey Wales"), et la famille (il est très intéressant de voir quel genre de père il se donne ... cf "jugé coupable" par ex.)

Clint Eastwood a clairement défini une atmosphère crépusculaire pour son film, qui le transforme instantanément en véritable chant du cygne du genre western. L'histoire en elle même est très sombre, ce qu'on n'avait plus vu chez lui (dans ses westerns) depuis "l'homme des hautes plaines", dont il se rapproche par certains aspects. Cette atmosphère se ressent même dans la musique du film, loin d'offrir des envolées lyriques et héroïques, et dont le thème principal, guitare sèche, épuré, se fait l'écho en portant le nom de la femme défunte de William Munny (Claudia's theme). Sa mise en scène, d'une grande finesse, est d'un classicisme avoué, en hommage à des monstres sacrés comme Siegel et John Ford, plus qu'en Léone, dont l'exhubérance ne se prêtait pas au traitement qu'il réserve à son sujet (en revanche, dans "l'homme des hautes plaines" il n'y va pas par quatre chemins !).

Clint Eastwood en profite pour opérer une relecture plus réaliste du mythe du Far West : le grand Ouest n'est qu'une terre aride sous une chaleur étoufante, il y pleut, il y fait froid. Ici point de duels de braves dans une rue déserte sous un soleil de plomb, plutôt des assassinats ou le résultat importe bien plus que la manière ... (la scène des toilettes, l'embuscade dans le canyon). La moralité des cow boys est beaucoup moins manichéenne. Finie, l'image du héros intraitable (voir Eastwood trempé jusqu'aux os se faire humilier dans lun saloon est un choc pour tout fan du grand Clint qui se respecte !). Ici, Eastwood incarne une version sombre de l'homme sans nom, dont le seul sentiment fut l'amour qu'il portait pour sa femme.
Le dénouement est alors d'une noirceur rare. La rédemption pousse Munny à redevenir la brute alcoolique et sanguinaire qu'il s'était juré de ne plus devenir : " Femmes, enfants, j'ai tué tout ce qui marche et rampe, à un moment ou un autre, et je suis ici pour te tuer." A cette phrase succède un véritable carnage, dont la violence de l'impact est renforcée par son côté brut de décoffrage, mis en parallèle au calme sidérant d'un Munny dont le colt se déchaîne. A ce moment là, William Munny redevient ce qu'il a toujours été, en dépit des années.

Ainsi, la morale du film ne laisse que peu de place à l'enthousiasme, dans une ambiance générale qui fait la part belle à la mélancolie, et semble marquer la fin d'une époque : celle des pistoléros, celle du western.

# Posté le jeudi 23 août 2007 10:16

Last Action Hero, de John Mc Tiernan, Avec Arnold Schwarzenegger, Charles Dance, Anthony Quinn

Last Action Hero, de John Mc Tiernan, Avec Arnold Schwarzenegger, Charles Dance, Anthony Quinn
Danny Maddigan est un ado passionné de cinéma, en particulier du cinéma d'action. Il voue ainsi un véritable culte à son héros de toujours, le flic incorruptible et invincible : Jack Slater. Il a la chance de visionner le film la veille de sa sortie grâce à un ami projectionniste, qui lui offre un ticket de cinéma, dont la légende voudrait qu'il appartenait à Houdini. C'est alors que l'incroyable se produit : le billet magique entraîne le jeune Danny de l'autre côté de l'écran, pour lui faire vivre en direct les aventures de son héros préféré!

Ce film est assez méconnu et n'a pas le succès qu'il mérite. Pour moi, il s'agit tout simplement d'un des meilleurs films d'action de l'histoire. Outre les séquences spectaculaires, l'aspect parodique permet de décortiquer les automatismes du genre : qui d'autre pouvait le faire mieux que John Mc Tiernan, celui là même qui créa ces codes avec "Piège de cristal" ?

En effet tous les gimmicks récurrents du genre sont réunis en un seul film : qu'il s'agisse de la faille du héros, son invincibilité, le chef des méchants, le bad guy félon, le psychopathe, la jolie blonde, le chef insatisfait et hurleur, le spectaculaire, la caricature (la chute d'Alan Rickman dans "Die hard" est reprise), l'humour potache et les répliques cinglantes, tout cela forme un melting pot a priori hétéroclite, mais qui s'avère être un tout homogène, et culotté ( la bande annonce de "Hamlet" version Schwarzi est un bijou !).
Par l'entremise de ces artifices, Mc Tiernan va analyser, décortiquer et reconstruire le mythe du héros. Et le point culminant de ce travail analytique intervient au dernier tiers du film, lorsque les personnages imaginaires passent à leur tour de l'autre côté de l'écran. Mais le monde réel n'est pas celui de la fiction. Ici, briser la vitre d'une voiture à main nue fait mal ! La sempiternelle séquence des deux voitures qui se foncent dessus ne se termine pas par le changement de direction du méchant, mais par un accident ! Autant de séquences jubilatoires qui servent l'argumentation de Mc Tiernan pour étayer sa réflexion sur la réalité et l'imaginaire.

Alors quand Arnold et Mc Tiernan jouent la carte de l'autodérision à fond (à ce titre la scène des Oscars est très intéressante) pendant que Mc Tiernan appuie ses références ("le septième sceau" de Bergman, ses propres films, Roger Rabbit), on se dit qu'on tient là un des films d'action les plus intelligents qu'on ait vu depuis ....

... depuis quand déjà ?

# Posté le jeudi 23 août 2007 10:27