300, de Zack Snyder, avec Gerard Butler, Lena, Headay, David Wenham

300, de Zack Snyder, avec Gerard Butler, Lena, Headay, David Wenham
Pour la gloire !
Sparte est l'une des cités les plus puissantes de la Grèce antique. Son armée est composée de soldats rigoureux et braves qui sont entièrement voués à la cause de leur roi. Ce dernier, Léonidas, apprend que l'immense armée perse du roi Xerxès s'apprete à envahir ses terres. Refusant de se soumettre, mais empeché par les lois du conseil de mener ses troupes à la guerre, il décide de freiner la marche des envahisseurs en emmenant 300 de ses hommes bloquer le défilé des Thermopyles.

De la sueur et du sang.
Adapté de la bande dessinée éponyme de Frank Miller, décidément très en verve à Hollywood, 300 se révèle etre, à l'instar de son modèle, une ode à la bravoure du guerrier. L'histoire se focalise donc sur ce roi qui, pour permettre à sa cité de préparer le conflit, part avec un contingent réduit affronter l'armée de l'empire perse dans un combat inégal au regard des forces en présence, mais compensé par un sens de la stratégie et une volonté guerrière hors du commun. Alors qu'importe l'histoire, c'est la légende qui est gravée dans les mémoires.
Ainsi, évacuons tout de suite les arguments des détracteurs férus d'antiquité. La caricature sert le film. Les perses sont dépeints comme un peuple décadent, aux accoutrements parsemés d'or, alors que les spartiates sont sobrement vetus, soulignant leur culture du combat rigoureuse et disciplinée, dont la tactique s'oppose à une armée entière sans stratégie autre que d'envoyer des vagues successives de guerriers à l'assaut pour forcer le passage. Les créatures impressionnantes auxquelles doivent faire face les spartiates de Léonidas n'ont d'autre but que de mettre en exergue la bravoure de ces hommes. L'esthétisme parfois pesant du film (les gouttes de sang en images de synthèse) associé à quelques gimmicks récurrents du genre (certaines chorégraphies exagérées), ainsi que la sous intrigue politique maladroite posant un léger problème de rythme (à cause de la courte durée du film pour un péplum) font que ce film n'a pas la portée d'un Gladiator par exemple. Mais il ne s'agit pas là de reconstitution historique, mais de spectacle.

Spartiates, ce soir nous dinerons en enfer !
Ce qui fascine le spectateur, c'est l'ambiance crépusculaire qui pèse sur le film : ces 300 hommes qui vont au devant d'une mort certaine sans sourciller pour leur cité, la voix off qui exprime les pensées parfois déchirantes que les hommes forts craignent de dire à voix haute, les couleurs ocres et saturées qui éclairent ce sombre tableau, le grain de l'image qui participe encore plus à nous plonger dans le chaos des combats ... et Gérard Butler. Car cet homme là campe un roi Léonidas de (très) haute volée, habité par des sentiments qu'il doit taire pour laisser place à ses convictions et ses devoirs. Mais c'est surtout dans la furie de la bataille que son talent frappe le spectateur : jamais autant un roi n'a valu la peine qu'on se batte pour lui et qu'on meure à ses cotés ! Son cri de guerre résonnera longtemps dans les mémoires ... au meme titre que les actes de ses 300 spartiates.
Snyder signe un film où le spectaculaire et l'émotion l'emportent sur la réflexion, où le spectateur s'abandonne totalement.
Et pour ce qui est du spectacle, le réalisateur a mis le paquet ! L'aspect visuel donne un coté intemporel à son histoire et fait de son film un objet à part dans le paysage cinématographique actuel..Les batailles sont portées par un souffle épique digne du Retour du roi, et sont dynamisées par des ralentis/accélérations millimétrés, accentuant ainsi la sensation de rage que dégagent les combats. Le spectateur se retrouve alors littéralement plongé dans ce jeu de massacre éprouvant, pliant sous le vacarme assourdissant des lances et des boucliers qui s'entrechoquent.

Zack Snyder signe un film haletant qui prend le spectateur aux tripes pour ne plus le lacher. Foncez voir 300, pendant deux heures vous serez spartiates !

# Posté le jeudi 23 août 2007 10:39

Domino, de Tony Scott, avec Keira Knightley, Mickey Rourke, Edgar Ramirez, Delroy Lindo

Domino, de Tony Scott, avec Keira Knightley, Mickey Rourke, Edgar Ramirez, Delroy Lindo
Domino Harvey est un mannequin au caractère bien trempé. A la recherche de sensations fortes, elle s'engage aux côtés d'un tandem de chasseurs de primes. Très vite, la réputation de cette équipe hors norme prend de l'ampleur, jusqu'à faire l'objet d'une émission de télé réalité.

Voilà un film que j'attendais de voir avec impatience, même si j'avais quelques inquiétudes à son sujet. Amateur du travail effectué par les frères Scott sur leurs différents films, j'étais donc curieux de découvrir la dernière livrée du frère cadet, Tony, dont le récent "Man on fire" m'avait franchement emballé. Ce qui pourrait caratériser, de manière simpliste, la mise en scène de ces deux frères formés à l'école de la pub et du clip (et oui !), c'est avant tout un profond travail sur l'aspect visuel. Mais là où ils divergent (un peu), c'est que là où Ridley peaufine soigneusement son esthétisme, Tony expérimente, explose les limites de son travail à chaque film.

Ceci m'amène donc à "Domino". Autant le dire tout de suite, ce film n'est pas à mettre devant tous les yeux, pas tant pour la violence, mais pour le côté très visuel du métrage. Ici, Tony Scott livre un ovni filmique expérimental. En effet, il pousse ici tous les artifices qui font sa signature à l'extrême. Les couleurs sont hyper saturées, l'ocre et le vert omniprésents. Le grain de la pellicule contraste avec une définition high tech. Le montage est ultra découpé et rythmé par une B.O.F électrisante. Mais à force d'expérimenter, qui plus est dans un film d'action (donc grand public), il prend le risque de s'aliéner une partie des spectateurs. Mais à la différence d'un Michael Bay épris de technique et d'effets en tout genre, Tony Scott fait vraiment une recherche artistique expérimentale tout en tentant de coller à son sujet.
Le vrai problème qui se rajoute à ce traitement esthétique hors norme, c'est la narration décousue un petit peu maladroite de l'histoire. N'est pas Tarantino qui veut. Et même si l'intrigue policière à défaut d'être un sommet d'intelligence est classique, elle livre quelques moments savoureux lorsque Scott égratigne le milieu de la télé réalité, avec notamment l'apparition de deux ex-stars de la série "Beverly Hills" dans leur propres rôles. Reste que le casting fait plus que tenir la route, malgré le fait que le visuel prend le pas sur l'histoire et les personnages, qui existent difficilement au milieu des pétarades en tout genre. Mention spéciale pour Mickey Rourke, définitivement revenu d'entre les morts.

Pour conclure, je répèterais ce que beaucoup de critiques ont souligné au sujet de ce film : Domino est un trip d'action filmé sous acide. Moi, j'ai bien aimé, mais à vous de voir ...

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# Posté le jeudi 23 août 2007 10:43

L'armée des morts, de Zack Snyder, avec Sarah Polley, Ving Rhames, Jake Weber

L'armée des morts, de Zack Snyder, avec Sarah Polley, Ving Rhames, Jake Weber
En une nuit, le monde a changé : une épidémie se développe à la vitesse grand V et les morts vivants envahissent la planète. Une poignée de survivants se terrent dans un centre commercial afin de survivre.

Remake du film de George Romero, "l'armée des morts" relance la mode des films de zombies. Autant le dire tout de suite : si Zack Snyder rend hommage à son illustre modèle, en rappelant une partie du casting et en plaçant ici et là des détails que les fans de Roméro se plairont à trouver, il s'en affranchit en offrant au spectateur un tout autre traitement.
En effet, là où Romero signait un pamphlet anti-consummériste, Zack Snyder livre un survival apocalyptique : car c'est bel et bien le jugement dernier que filme le réalisateur. J'en veux pour preuve le premier quart d'heure d'anthologie qui démarre dans un hopital où on entrevoit les prémices de la catastrophe pour se terminer sur la vision d'une ville passée en une nuit de la réalité à l'enfer. Générique de Johnny Cash "The man comes around" et BANG ! Le film est lancé.
Dès le début, Snyder annonce sa vision des choses : ici, les personnages doivent survivre à l'enfer ! Le grain de l'image, sa dynamique, la bande originale, l'intrigue bien évidemment, tout concourt à restituer l'atmosphère crépusculaire de fin du monde qui se dégage du métrage (ah ! Cette vision d'enfer quand les personnages regardent des zombies bruler devant eux !). Mais surtout, Zack Snyder opère un changement majeur : les zombies courent !!! Fini la démarche lente et claudicante des mort-vivants écervelés. Les zombies deviennent plus dangereux et la quete de la survie sera plus ardue ....

Les différents protagonistes du film doivent alors former un groupe forcé de s'unir dans l'adversité, et là aussi, ce ne sera pas gagné d'avance ... Les difficultés qui en découlent ainsi que le personnage charismatique interprété par Ving Rhames ne sont pas sans rappeler le premier volet de la série de Romero : "la nuit des morts vivants"...
Le spectateur assiste donc à l'organisation de la vie en communauté, sans que Snyder ne lui fasse oublier la menace engendrée par les zombies. cette séquence donne lieu à une scène jubilatoire empreinte d'un humour féroce : le jeu de tir sur des sosies !
Puis vient le dénouement survolté du film, où les personnages décident de fuir le centre commercial dans l'espoir de trouver un lieu épargné plus adapté à la survie de l'espèce humaine. L'épilogue se déroule pendant le générique de fin et confirme le parti-pris pessimiste du film : Quand il n'y aplus de place en enfer, les morts reviennent sur terre : et meme là, il n'y a pas assez de place pour tout le monde !

En s'affranchissant de son modèle tout en respectant ses codes, "l'armée des morts" s'avère etre une très bonne surprise, relançant l'intéret pour un genre qui devenait moribond ... A tel point que Romero put filmer son "Land of the dead" ! Merci Zack Snyder !

# Posté le jeudi 23 août 2007 10:46

Million Dollar Baby, de et avec Clint Eastwood, Hilary Swank, Morgan Freeman

Million Dollar Baby, de et avec Clint Eastwood, Hilary Swank, Morgan Freeman
Frank dirige une petite salle de boxe. Son oeil averti lui permet de faire de jeunes espoirs des champions potentiels. Mais Frank n'accepte pas les règles contemporaines. Dur à cuire inflexible, ça lui vaut d'être lâcher par son poulain. Abandonné par son athlète et rejeté par les siens, il se réfugie tant bien que mal dans sa passion ce sport. Jusqu'au jour où débarque maggie, jeune femme férue de boxe qui rêvce d'être entraînée par ce dinosaure...

Autant l'annoncer dès le départ, cet opus eastwoodien est un chef d'oeuvre absolu.

En livrant un film sur le monde de la boxe, Eastwood entraîne le spectateur sur des sentiers apparament connus, pour mieux transformer son récit en une somptueuse histoire d'amour filiale. En effet, suivant la trame classique du genre, de l'association de l'athlète /coach au combat en pasant par l'entraînement, le parcours difficile poussant le champion à se dépasser, Clint Eastwood fait bifurquer son film et confirme ce que l'on devinait depuis le début : le sujet de son film n'est pas le monde de la boxe. Il se situe bien au delà. Eatwood se sert du monde dur et brutal de ce sport comme métaphore de la vie. Il se focalise alors sur cette relation affective touchante entre Maggie et Frank, père et fille de substitution. Million dollar baby dresse alors un portrait tendre et mélancolique de deux êtres marqués par une vie qui ne leur a pas fait de cadeau, mais qui retrouvent ensemble ce qu'ils ont perdu, ou jamais connu : l'amour.

Eclairé tout en clair obscur, le film développe une atmosphère crépusculaire, d'une rare noirceur, qui n'étouffe jamais le spectateur grâce à l'élégance et à la délicatesse de la mise en scène. Ici l'ombre est un refuge, là où les couleurs de plus en plus rares prennent de plus en plus d'importance. Au fur et à mesure que le film avance et s'assombrit, il bascule lentement vers le mélodrame. Mais pas de guimauve hollywoodienne ici. Clint Eastwood filme avec pudeur et simplicité, et dépouille son drame de tout artifice superflu, ponctuant son film de quelques sublimes notes de piano.
Million Dollar Baby est un film poignant, sublimé par la patte d'Eastwood proche du classicisme reconnaissable, entre autres, grâce à la justesse de la caméra qui effleure, magnifie les comédiens, tous exceptionnels. La voix caverneuse de Morgan Freeman (quel acteur !) donne le tempo légèrement jazzy et désabusé du film, et fait de lui le témoin narrateur de cette histoire touchante. Hilary Swank est encore au dessus de tout éloge. Déjà oscarisée pour son rôle dans "Boyz don't cry", elle livre ici une prestation légendaire. Elle campe une Maggie dont le sourire laisse deviner la fêlure du personnage, malmené par la vie mais toujours animé d'une fraîcheur ravigorante. Et Clint Eastwood signe une de ses toutes meilleurs performances d'acteur, et fait preuve d'une profonde sensibilité dans son interprétation.

Fidèle à ses thématiques récurrentes, Clint Eastwood signe une oeuvre mélancolique, romantique sublimant encore un peu plus son art, comme à chaque fois depuis Impitoyable. Ce film me fait irrémédiablement pensé à une version noire de l'aurore de Murnau. Une oeuvre indispensable pour qui cinéma rime avec émotion.

Voir Million Dollar Baby, c'est être touché par la grâce.

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# Posté le jeudi 23 août 2007 11:21

Nicolas et Lucas

Nicolas et Lucas
Je suis l'heureux papa de deux petis monstres !

Le premier, Nicolas, 3 ans, est un apprenti Jedi fan de Superhéros, et notamment de Spiderman et Superman ! Il marche déjà sur les traces de son père, avec qui il partage la passion de Star Wars !
Quant au second, Lucas, 15 mois, c'est un p'tit filou qui adore la musique, et qui s'est transformé en tornade depuis qu'il marche (depuis trois semaines) !

# Posté le jeudi 23 août 2007 11:30