Pathfinder, de Marcus Nispel, avec Karl Urban, Jay Tavare, Moon Bloodgood

Pathfinder, de Marcus Nispel, avec Karl Urban, Jay Tavare, Moon Bloodgood
Plus de cinq siècles avant que Christophe Colomb ne découvre officiellement l'Amérique, un drakkar viking aborda les côtes de ce continent sauvage. Entre les barbares du nord et les Indiens natifs, le choc fut effroyable, et seul un enfant viking survécut. Adopté par la tribu des Indiens Wampanoag, le jeune homme blanc désormais connu sous le nom de Ghost grandit et devint un redoutable guerrier. Quinze ans plus tard, alors que Ghost essaie encore d'oublier son passé, les Vikings reviennent, anéantissent sa tribu et mettent en péril la femme qu'il aime, Starfire. A nouveau seul rescapé et assoiffé de vengeance, Ghost va devoir mener le plus difficile des combats. Guidé par le Pathfinder, un puissant shaman qui voit en lui le futur meneur de son peuple, il va se lancer dans la plus spectaculaire des aventures...

Je me dois de donner mon avis sur ce film. Pourquoi ? Parce qu'en tant que fan de haches et de vrais hommes, les tatoués, les poilus qui viennent du Nord, dès que résonne au loin le fracas de la bataille il faut que je me précipite pour prendre ma ration de sang et de virilité barbare ! Je me suis donc jeté sur ce "Pathfinder", toujours en émoi devant mes souvenirs du "13ème guerrier" de John Mc Tiernan (malgré son massacre au montage !). L'idée de départ est bonne, et découle d'une vérité historique : les vikings sont les premiers à avoir foulé le sol du nouveau monde, et par la même occasion les premiers à avoir persécuté les indiens. Hélas, ceux qui s'attendaient à observer un choc des cultures en seront pour leur frais ...

Non, Marcus Nispel n'est pas John Mac Tiernan. En effet, l'histoire avait un potentiel énorme avec cette confrontation pourtant peu exploitée entre deux tribus bien connues des cinéphiles : les vikings et les indiens. Ici, les vikings sont des brutes épaisses et surdimensionnées qui ne font que dévaster les terres qu'ils foulent, et les indiens sont les gentils autochtones dérangés dans leur tranquilité. Ce parti-pris scénaristique ne laisse donc que peu de place à une confrontation culturelle des deux races. Le personnage principal perd alors tout intérêt, lui qui se trouve à la croisée de ces deux espèces, et se résume à un monsieur muscles lisse auquel le spectateur ne s'attache pas.
De plus, là où les séquences d'action de "le 13ème guerrier" n'obscurcissaient pas le message certes édulcoré du film (mais message quand même) et n'entravaient pas le bon déroulement de l'histoire, celles de "Pathfinder" sont le film. L'aspect véritablement intéressant de l'intrigue passe d'un coup d'un seul à la trappe ...
Le film de Nispel serait alors comparable à "300", en terme d'approche, puisqu'il privilégie le spectaculaire au contenu historique. Mais là encore, la comparaison ne se fait pas en faveur de "Pathfinder". Car Marcus Nispel n'est pas Zack Snyder non plus. Il n'y a rien d'autre dans son film que des batailles au montage hyper découpé, parsemées de quelques séquences archi-revues (la destruction du village indien, les pièges, etc ...). Pas d'émotion, pas de roi Léonidas haranguant ses troupes, pas de furie électrisante, la faute à un Karl Urban pas assez charismatique et peut-être à un montage carnassier (le film a été amputé de 50mn, décidément !).
Pourtant, le film ne manque pas de qualités visuelles. En effet, Le réalisateur filme quelques plans suffisament épiques pour convaincre les amateurs, et l'imagerie barbare du film reste remarquable.

A l'écran, le résultat charcuté (de 2h30, le film est passé à 1h40) surabonde de défauts assez désagréables. En choisissant l'angle du spectacle jusqu'au boutisme, Marcus Nispel est passé à côté de son sujet, pour finalement livrer un film d'action sans surprise. A condition de savoir à quoi s'attendre, on peut sauver ce "Pathfinder" en le considérant comme un plaisir coupable. Et encore ...

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# Posté le mercredi 29 août 2007 04:02

Mes raisons d'aimer le cinéma : "le bon, la brute et le truand" de Sergio Léone

Tout au long de mon blog, j'essaierai de vous faire entrevoir ce qui a fait de moi un cinéphile. Parce que lorsque je pense cinéma, il me vient à l'esprit divers génériques, séquences ou répliques cultes, j'ai choisi de vous impliquer un peu plus dans ce qui est MON histoire du 7ème art.

# Posté le jeudi 30 août 2007 08:48

Lettres d'Iwo Jima, de Clint Eastwood, avec Ken Watanabe, Kazunari Ninomiya, Shido Nakamura

Lettres d'Iwo Jima, de Clint Eastwood, avec Ken Watanabe, Kazunari Ninomiya, Shido Nakamura
En 1945, les armées américaine et japonaise s'affrontèrent sur l'île d'Iwo Jima. Quelques décennies plus tard, des centaines de lettres furent extraites de cette terre aride, permettant enfin de donner un nom, un visage, une voix à ces hommes ainsi qu'à leur extraordinaire commandant.
Les soldats japonais qu'on envoyait à Iwo Jima savaient que leurs chances de survie étaient quasi-nulles. Il y avait parmis eux un boulanger du nom de Saigo, qui ne rêvait que de voir sa ville nouvelle née; un champion olympique, le Baron Nishi; Shimizu, un jeune ex-policier militaire dont la guerre n'avait pas encore entamé l'idéalisme; et le lieutenant Ito, militaire pur et dur qui aurait préféré le suicide à la réédition. Leur chef était le général Tadamichi kuribayashi, à qui ses voyages aux Etats-Unis avaient appris que cette guerre était perdue d'avance, mais avaient également enseigné la tactique propre à retarder l'avancée de l'immense armada américaine déployée dans le Pacifique.
Animé d'une volonté implacable, Kuribayashi exploita ingénieusement la nature du terrain, transformant ainsi la défaite éclair annoncée en 40 jours d'héroïques combats. Près de 7000 soldtas américains et plus de 20 000 Japonais ont perdu la vie à Iwo Jima. Leur sang s'est depuis longtemps perdu dans les profondeurs du sable noir, mais leurs sacrifices, leur courage et leur compassion ont survécu dans ces Lettres.

Alors que "Mémoires de nos pères" montrait la bataille d'Iwo Jima du point de vue américain, "Lettres d'Iwo Jima" dépeint les mêmes faits, mais du côté japonais. Cette version demeure néanmoins plus intense, tout comme l'émotion qui se dégage d'un scénario excellent et d'une narration qui ne l'est pas moins.
La grande limite des films de guerre, y compris les plus brillants et les moins patriotiques était de ne toujours offrir qu'un seul point de vue. Ainsi dans "Il faut sauver le soldat Ryan", superbe et réalisé par le producteur du film d'Eastwood, Steven Spielberg, dont on connaît l'intérêt pour tout ce qui touche à la Seconde Guerre mondiale, les forces allemandes n'apparaissaient jamais à l'écran.
Dans "Platoon", autre film culte du genre, l'ennemi est même dépersonnalisé devenant une sorte d'entité règnant au sein de la forêt vietnamienne. En humaniste qu'il est, Clint Eastwood passe au delà de ces clivages car pour lui, qu'importe les camps, les victorieux et les vaincus : ils sont tous des hommes et la souffrance est la même pour tous. Et c'est en sondant leur coeur par l'entremise de ces fameuses lettres que le cinéaste touche le spectateur.

L'idée même du film est déjà un acte artistique (politique ?) qui force le respect et qui mériterait à lui seul que le public se déplace en masse. Le traitement que lui offre en plus Eastwood est un superbe hommage à tous ces soldats disparus quelle qu'ait pu être leur nationalité. Pas d'esbrouffe (relativement peu de scènes de combats, mais celles qu'ils filme sont superbes), une photographie splendide, renforçant ce sentiment crépusculaire qui habite son film, une mise en place volontairement lente, respectant l'inquiétant calme avant la tempête. Clint EAstwood prône un cinéma classique (terme réducteur) basé sur le pouvoir de l'image. Il n'a pas besoins d'artifices pour transmettre l'émotion. Aussi il confirme encore une fois ses compétences de direction d'acteurs, incroyablement efficace compte tenu de la barrière de la langue dans un film intégralement tourné en japonais !
Comme "Mémoires de nos pères", "Lettres d'Iwo Jima" fonctionne par flashbacks. Cependant, la trajectoire est inverse : si les soldats américains revivaient les terribles combats endurés, les nippons, eux, se souviennent de leur vie passée et perdue. L'écho à la réalité historique consacrée par les livres n'en est que plus assourdissant. Là où le premier entrevoyait l'avènement d'un nouveau monde, le second reflète le désespoir de voir l'ancien disparaître. Cette impression transparaît bien dans le jeu de Ken Watanabe, impérial dans ce rôle de général confronté à l'inéluctable. Alors dans l'horreur de la guerre, certaines phrases énoncées avec une désarmante humilité ("se battre un jour de plus pour que son pays et sa famille vivent libres un jour de plus") résonnent fort dans ce monde de sang et de larmes ...

Ce qui fascine chez Eastwood, c'est cette faculté à livrer des oeuvres aussi poignantes ("Mystic River", "Million Dollar Baby", son dyptique) avec une telle simplicité. Après plus de cinquante ans passés au service du 7ème art, et malgré l'émergence de nouveaux talents sevrés à la mode des effets spéciaux, le cinéaste, un des derniers dinosaures, reste l'un des plus grands réalisateurs en actvité, honorant son statut amplement méritéde légende vivante du cinéma.


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# Posté le vendredi 31 août 2007 06:11

Modifié le vendredi 31 août 2007 07:12

The devil's rejects, de Rob Zombie, avec Bill Moseley, Sheri Moon Zombie, Sid Haig

The devil's rejects, de Rob Zombie, avec Bill Moseley, Sheri Moon Zombie, Sid Haig
Depuis la mort de son frère, le shérif Wydell ne vit plus que pour se venger de l'épouvantable famille Firefly. Un beau matin, décidé à les éliminer sans pitié et au mépris de la loi, il encercle leur maison avec ses hommes. Seul Otis et sa s½ur Baby parviennent à s'échapper. Ils se réfugient dans un motel perdu loin de tout, attendant de retrouver leur père, Caztain Spaulding, et tuent sans hésiter quiconque se dresse sur leur chemin. Aucun des deux camps n'arrêtera avant que l'issue ne soit définitive et absolue.

The Devil's Reject est une vraie fausse suite de La Maison Des 1000 Morts qui macule nos écrans à grands renforts d'ultra violence, de sadisme et d'une bonne dose d'humour noire... Imparable !
Leader emblématique des White Zombie dont il réalise les clips, Rob Zombie signe un coup de maître, à l'instar de Tarantino et de "Pulp Fiction", avec son second long-métrage. Bien que la comparaison puisse prêter à discussion, les deux hommes partagent un amour immodéré pour le cinéma de genre, ainsi qu'une approche très cohérente du 7ème Art. De la BOF, véritable moteur d'une narration jouant sur les changements de tempo, aux dialogues réussis (voir les Marx Brothers), en passant par un vibrant hommage aux grandes figures du genre, l'univers de Zombie repose sur une harmonie inébranlable.

Sans se fourvoyer dans un jeu référentiel obligé, il s'appuie aussi bien sur le cinéma de Sergio Leone (le casting est un défilé de "gueules", avec (Sid Haig, William Forsythe, Michael Berryman, Danny Trejo) que celui de Tobe Hooper et Wes Craven (ceux des 70's), pour en tirer le meilleur parti. Adoptant le juste point de vue, ainsi qu'une caractérisation intelligente de ses personnages, le réalisateur parvient même à susciter chez le spectateur une certaine empathie pour cette bande de psychopathes de la pire espèce. Caméra à l'épaule, il dresse un portrait familial qui rentre dans le lard, refusant toute idée de manichéisme. Tirant l'humain de l'inhumain (et vice versa), il frappe droit au c½ur dans une charge héroïque dantesque, aussi foudroyante que rock'n roll.

Le film peut être considéré comme une suite en ce sens que scénaristiquement parlant, l'intrigue est postérieure à celle de "la maison aux 1000 morts", mais en ce qui concerne le traitement, il est tout autre. En effet, aux antipodes de l'horreur grandguignolesque et des délires psychédéliques du premier film, "The devil's rejects" descend directement d'un certain type de cinéma des années 70. On y retrouve alors cet aspect amoral, poisseux, gore, mais diablement drôle, qui nous rappelle des fleurons du genre tels que "Massacre à la tronçonneuse" ou autres "la colline a des yeux". Il fait alors renaître ce cinéma coup de poing horrifique" sans concessions, âpre et glauque qui avait fini par disparaître sous les attaques incessantes d'une censure castratrice.

The Devil's Rejects"est une incontournable et monstrueuse parade comme on n'en voit plus depuis bien longtemps. Ce film donne ainsi bien plus de crédit au genre que les nouveaux remakes au montage et à l'esthétique clippesque. Un film culte et salvateur.
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# Posté le samedi 01 septembre 2007 11:19

Modifié le samedi 01 septembre 2007 11:46

La maison aux 1000 morts, de Rob Zombie, avec Bill Moseley, Sid Haig, Sheri Moon Zombie

La maison aux 1000 morts, de Rob Zombie, avec Bill Moseley, Sid Haig, Sheri Moon Zombie
Deux jeunes couples, qui veulent écrire un guide du routard des itinéraires bis de l'Amérique, se lancent à la recherche du docteur Satan, légende locale morbide. Surpris par un orage, ils trouvent refuge dans la mystérieuse demeure d'une non moins mystérieuse auto-stoppeuse, où réside une famille fidèle au cannibalisme et aux rites sataniques.

N'en déplaise à Eli Roth, si Quentin Tarantino avait réalisé un film d'horreur, on peut être sûr qu'il serait en tout point proche de celui-ci. Car ce qui compose ce film est avant tout un savant amour du film de genre. Entre le bouffon et le sanguinolent, ce train fantôme visuel nous fais traverser l'esprit décérébré de son auteur, esprit nourri aux clowns torturés, à la cervelle frémissante et aux gènes mal formés. Du "Massacre à la tronçonneuse" de Tobe Hooper à "La Colline a des yeux"de Wes Craven, de Lucio Fulci à Mario Bava, de "Tueurs nés" à "Maniac", nombreuses sont les références, influences et citations qui jalonnent le film. Maiss comme chez le réalisateur de "Pulp fiction", tout y est digéré et finalement recraché avec presque autant de génie, comme lors de cette scène d'ouverture inspirée de celle de "Une nuit en enfer".
Rob Zombie livre un véritable capharnäum de l'horreur. Monstres de foire, famille bâtarde, expériences corporelles, délire visuel cérébral, mélange de couleurs vives et souvent saturées, musique organique teintée d'électronique, galerie de gueules et jeu outrancier font partie intégrante de l'univers de son auteur, et se retrouvent imprimés sur le celluloïd comme LA nouvelle référence du genre "grand guignol".

Et pourtant le film n'est pas exempt de tout défaut. À trop vouloir bien faire, certains passages semblent se mélanger les pinceaux et la mise en scène ainsi que le montage en pâtissent parfois légèrement. La faute au trop plein de fougue du réalisateur, trop désireux de pouvoir enfin étaler ses délires sur un format long. Car les effets polarisants ou négatifs sont incessamment utilisés. Même les personnages sont un peu fins de caractère car l'on se perd vite entre les deux protagonistes féminines. On sait bien que ce qui intéresse le plus l'ami Rob, ce sont les personnages secondaires, ceux dont il est venu raconter l'histoire, mais un traitement moins approximatif aurait peut-être permis de donner plus d'ampleur au film. Et pourtant, malgré tous ces défauts inhérents, le film fonctionne pour ce qu'il est : l'étalage sur grand écran des délires tout droit sortis d'un esprit fantasque où l'horreur juxtapose la facétie.

# Posté le samedi 01 septembre 2007 11:42