Tale of vampires, de Anders Banke, avec Petra Nielsen, Jonas Karlström

Tale of vampires, de Anders Banke, avec Petra Nielsen, Jonas Karlström
Annika, médecin confirmée est mutée avec Saga, sa fille, dans un petit village plongé dans une nuit polaire glaciale. Intriguée par une série d'incidents sanglants et de disparitions mystérieuses au sein de l'hôpital, Annika va découvrir que des vampires ont infiltré le personnel et que leur chef, monstre hybride et sanguinaire, se prépare à ressusciter. A la tête dune horde assoiffée de sang, il se prépare à prendre possession de la ville et... de ses habitants.

"Tale of Vampires" fut vendu comme un délire gore ou se mélangent efficacement carnage avec pluie d'hémoglobine et humour décapant. Après une ouverture prometteuse se déroulant lors de la seconde guerre mondiale, Anders Banke conduit son armée de vampires avec maîtrise et efficacité. Les maquillages et effets spéciaux ont été conçus par les créateurs de la saga Dinotopia et de la série Farscape. Les vampires sanguinaires sont relativement bien réussis et les nombreux plans de têtes coupées et de membres déchirés sont bien présents, mais n'apportent aucune innovatioon. Là où le film se démarque un peu des autres productions du genre, c'est au niveau du lieu de l'intrigue : un pays nordique en période de mois polaire. Ainsi, le réalisateur évacue toute contrainte liée à l'alternance du jour et de la nuit : les créatures peuvent errer dans les rues à n'importe quelle heure de la "journée" et de la nuit. Mais le film répertorie tous les éléments associés au mythe du vampire, tels que l'ail, les croix et les pieux, parfois dans une succession de situations cocasses comme lors du dîner en famille.

On est loin cependant loin du délire gore vanté par la campagne promotionnelle. On retrouve plutôt un coté un peu sanglant du à des personnages qui adorent jouer avec leur nourriture et qui déchiquètent les gorges à pleine dent. Avec "Tale of vampires", on est à des lieues des sommets du genre en terme de mythe vampirique ("Dracula", "Nosferatu", "Entretien avec un vampire"), mais également des opus du genre laissant libre cours à une folie démentielle ("Une nuit en enfer", "Vampires"). Reste le casting composé d'acteurs inconnus, qui jouent parfois juste, ou qui font parfois dans la surenchère, la faute à un humour par moments à la limite du potache.

"Tale of vampires" n'en demeure pas moins une honnête série B, qui ne se prend pas au sérieux, dont l'origine (la Suède) permet de découvrir un cinéma méconnu qui s'essaie au cinéma de genre. Un film qui ne renouvellera pas le cinéma vampirique. DAns la même veine, on attendra bien plus du prochain "30 dayx of night", avec Josh Hartnett, adaptant le comic du même nom.
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# Posté le dimanche 02 septembre 2007 05:16

Modifié le dimanche 02 septembre 2007 05:53

Prémonition, de Mennan Yapo, avec Sandra Bullock, Julian Mc MAhon, Peter Stormare

Prémonition, de Mennan Yapo, avec Sandra Bullock, Julian Mc MAhon, Peter Stormare
Une jeune femme apprend le décès de son mari lors d'un accident. Néanmoins, le lendemain à son réveil, elle constate que son époux est bel et bien vivant à son côté.
Rêves, hallucinations, cet angoissant cauchemar se répète et perturbe profondément sa vie et son avenir...

"Prémonitions" est l'occasion pour Sandra Bullock de plonger dans un univers fantastique hérité de M. Night Shyamalan, et propose une histoire basée sur le phénomène des rêves prémonitoires.
Cependant, là où le génie de Philadelphie impressionne par l'évidente cohérence de ses scenarii à rebondissements, le film de Mennan Yapo se perd un peu dans cette folle histoire de pressentiments, malgré une volonté évidente de maintenir un certain équilibre, sauvé par une mise en scène sobre mais efficace. Pourtant, le scénario est intéressant, original, et suffisamment tordu pour retenir l'attention. Mais comment s'y retrouver au sein de toutes ces séquences répétitives qui peu à peu, malgré tout, amènent quand même le spectateur à une notion plus claire de cette vie de couple où se dévoile une certaine réalité.

Mais cette notion de temps en vrac, et cette prétention d'agir sur le destin ne sont pas assez clairement exposées au gré de séquences dont on attend fébrilement le fin mot, perdu que nous sommes dans ces images aux effets classiques parsemées de gros plans destinés à glorifier le talent de l'actrice principale . Et heureusement, elle en a du talent, Sandra Bullock sur qui repose tout le film. Emouvante ou énervée, on le saurait à moins, elle en subit bien des misères et donne ainsi une densité à cette oeuvre perturbante et désordonnée. Cela faisait bien longtemps qu'on n'avait pas vu l'actrice en si grande forme, et ça fait plaisir à voir. Ainsi, grâce à une Sandra Bullock très convaincante et à une intrigue à l' équilibre certes précaire mais suffisament retors, le spectateur se surprend malgré tout à apprécier cette histoire d'une mère luttant contre la fatalité.

"Prémonitions" ne restera pas dans les annales du genre, loin s'en faut. Il n'en demeure pas moins une honnête production fantastique, et un bon véhicule pour sa star renaissante.
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# Posté le dimanche 02 septembre 2007 05:41

Paranoiak, de D.J Caruso, avec Shia Labeouf, David Morse, Carrie Ann Moss

Paranoiak, de D.J Caruso, avec Shia Labeouf, David Morse, Carrie Ann Moss
Kale, 17 ans, habite une de ces banlieues paradisiaques où il ne se passe jamais rien, jusqu'au jour où... Seul chez lui, maître de son temps, ses journées se passent à surfer sur le web, à regarder la télé, à jouer sur sa console, à se gaver de pizzas, à reluquer en douce la fille canon qui vient d'emménager dans la maison voisine.
Mais Kale n'a pas le droit de sortir de chez lui. Placé sous contrôle judiciaire à la suite d'une altercation avec un professeur, il doit purger sa peine à domicile. Son seul exutoire : épier ses voisins à la jumelle. Et Kale, jamais à court d'imagination, prend à ce petit jeu un plaisir considérable. Mais le jeu prend soudain une tournure inquiétante, lorsqu'il découvre qu'un de leurs voisins, l'énigmatique Mr. Turner, pourrait bien être... un tueur en série...

A l'issue de la séance, une question se pose : est ce parce que c'est l'été qu'il ne faut pas être exigeant ?

"Paranoïak" débute pourtant relativement bien. La surprise est bonne et on se dit alors que D.J Caruso est en forme, un peu comme avec son sympathique "Salton Sea" avec Val Kilmer. Pourtant, sa mise en scène devient balourde au fur et à mesure que le film avance.Les vingt cinq premières minutes sont intéressantes et l'intrigue se positionne en suivant une mécanique implacable. Puis soudain, tout bascule. Les répliques vanneuses, l'ambiance embarquent le film dans une mauvaise direction, dans une vrille ramenant ce démarrage en trombe dans le bon vieux teenage movie supposé sympathique et divertissant mais complètement dénué de surprise et d'innovation. Le suspens en prend un coup.
Ce qui avait commencé par un drame psychologique intéressant (la partie d'échec entre le méchant et le bon promettait le meilleur via un joli trauma) devient une série B sans réelle consistance. La psychologie de paranoïaque devient totalement inexploitée et au final les enjeux ne décollent pas réellement. Les rebondissements sont minimes et ne surprennent pas le moins du monde tellement les séquences ont été vues et revues des centaines de fois.

Alors on se dit que le casting doit certainement porter le film à bout de bras pour que ce "Paranoiak" ait autant de succès. Le premier rôle est attribué à Shia La Beaouf, qui, s'en époustoufler, incarne sobrement le jeune Kale. La vedette de "Transformers" et future fils d'Indiana Jones est la nouvelle coqueluche d'Hollywood, mais force est de constater que tout reste à prouver en ce qui le concerne. Quant à David Morse, il fait le minimum syndical, d'autant plus le manque de suspens nuit fortement à son personnage. Je ne ferai pas l'affront de détailler les performances des autres rôles secondaires, tant la prestation des acteurs est anecdotique (surtout Sarah Roemer), pour souligner le plaisir de revoir la trop rare Carrie Ann Moss, malgré un rôle sous exploité et un temps de présence à l'écran assez réduit.

Finalement, il faut se rendre à l'évidence : cette nouvelle version de "Fenêtre sur cour" est destinée aux ados, et rien qu'à eux. Les autres suivront ce film sans jubiler, en se disant à la fin que tout ça ne casse pas des briques, et que la rumeur flatteuse qui nous est parvenue d'outre-Atlantique transforme ce film en pétard mouillé. Vivement la rentrée !
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# Posté le dimanche 02 septembre 2007 09:09

Modifié le dimanche 02 septembre 2007 10:45

Le loup garou de Londres, de John Landis, avec David Naughton, Jenny Agutter

Le loup garou de Londres, de John Landis, avec David Naughton, Jenny Agutter
Deux jeunes Américains voyageant en Angleterre se retrouvent dans un coin perdu non loin de Londres et sont déposés par un fermier à un croisement de routes. Celui-ci les prévient de marcher sur la route et de ne pas aller dans les landes. Ils suivent ses indications et marchent jusqu'au prochain village. En en repartant, nos deux personnages s'égarent malencontreusement dans les landes lors d'une nuit de pleine lune et sont attaqués par une bête étrange...

Par cette intro des plus efficaces débute l'un des films de loups-garous les plus connus et peut-être, le plus apprécié. Il n'est pas dur de comprendre pourquoi. La mise en scène de John Landis est diablement efficace, mêlant la simplicité avec des images subjectives brutales, ou tout simplement en se reposant sur des grognements féroces tandis que la terreur affecte les acteurs et, par
extension, le spectateur. Il s'agit d'une (légère) parodie qui néanmoins respecte les règles les plus strictes des films d'horreur. Ce subtil mélange peut nous angoisser, voire créer certaines émotions.
"Le loup garou de Londres" opère un retour à certaines sources folkloriques lorsque le héros, sous l'impulsion d'une force irrésistible, arrache ses vêtements avant de se transformer en loup. Cette tradition se réfère notamment au "Lai de Bisclavret", dans lequel un chevalier est contraint de se déshabiller entièrement avant de se métamorphoser et doit dissimuler ses vêtements sous une pierre creuse car, s'il ne les retrouvait pas, il serait condamné à errer indéfiniment sous la forme d'un loup-garou.

Lorsque David se réveille à l'hôpital trois semaines plus tard, il apprend que son ami est mort et il commence à avoir des visions effrayantes d'un Jack déchiqueté qui lui dit qu'il est désormais touché par la malédiction du loup-garou et qu'il lui faut mourir afin de briser la lignée. De plus, David est assailli par des rêves de lui-même courant nu dans une forêt et s'attaquant à des biches. Dans une séquence de cauchemar particulièrement horrible, il se retrouve chez lui et toute sa famille se fait mitrailler par des soldats loups-garous. En introduisant cette histoire de fantômes, Landis apporte un cachet en core plus fantastique à son film, introduisant même une pointe d'humour noir comme lors de la première apparition de Jack. Aussi, après la première séquence de mutation,, David va tuer six personnes, dont un homme dans le métro dans une course-poursuite très efficace mais malheureusement trop courte. Le lendemain, il va se réveiller au zoo, dans la cage des loups, tout nu. Il aura recours à des ballons et une veste de femme rouge vif pour rentrer. Landis mêle habilement l'horreur et l'humour sans fioritures, ce qui ne peut que nous faire sourire, voire même rire tout court.

Evidemment, ce film n'aurait pas la réputation qu'il a sans la séquence de transformation de David, vraiment impressionnante pour l'époque. Les effets spéciaux sont réalisés par Rick Baker et rien ne nous est épargné : des membres qui s'allongent, des oreilles qui poussent, une ossature qui se déforme, des poils qui recouvrent bientôt tout son corps, de la gueule monstrueuse qui prend forme, filmé tantôt en plans larges, tantôt en plans subjectifs. Le tout est accompagné par les hurlements d'agonie de Jack qui nous fendent le c½ur sur fond musical de la douce mélodie "Blue Moon". Atroce, maintes fois copié, mais rarement égalé.
Un soin particulier a été apporté à la musique, dont les chansons présentes comportent toutes le mot Moon dans leur titre. Ainsi, nous retrouvons "Bad Moon Rising" de Creedence Clearwater Revival qui évoque à merveille l'esprit mélancolique et sinistre du film. Il y a également "Moondance" de Van Morrison et trois versions du magnifique "Blue Moon".

Revoir "le loup garou de Londres" aujourd'hui nécessite de voir le film pour ce qu'il est : un bon film d'horreur estampillé années 80, mais dont le charme associant humour et épouvante demeure intact.

# Posté le mardi 04 septembre 2007 05:25

Batman begins, de Christopher Nolan, avec Christian Bale, Michael Cane, Morgan Freeman, Gary Oldman, Liam Neeson

Batman begins, de Christopher Nolan, avec Christian Bale, Michael Cane, Morgan Freeman, Gary Oldman, Liam Neeson
Bruce Wayne voit ses parents se faire assassiner sous ses yeux, dans une ruelle sombre de Gotham City. Il entreprend de faire un voyage pour connaître d'autres cultures, et est enrôlé par une secte de ninjas dont il se révèlera être le meilleur disciple. Le jeune Bruce revient à Gotham City, et découvre une ville déchirée et soumise aux différents trafiquants de drogues. Bruce s'engage à réprimer le mal, se déguisant en chauve-souris pour punir ses ennemis. On le nomme alors "Batman".

En s'apprêtant à voir ce film, on s'attend à voir, soit un film traditionnel de super-héros genre "les quatre fantastiques" bombardé d'effets spéciaux peu crédibles au scénario qui l'est encore moins, soit un film plus enfantin, que le succès de "Spiderman" confirme comme étant la possibilité à emprunter afin de garantir la rentabilité du produit. Difficile donc à Christopher Nolan de relater l'histoire de Batman. Comment faire oublier les deux premiers opus dirigés par Tim Burton? D'autant que la crédibilité du personnage lui-même a été très entâchée ... Faut-il rappeler les échecs de Batman Forever et Batman et Robin? Autant dire qu'on l'attendait avec impatience et crainte, cette genèse de l'homme chauve-souris.

Comment était né un mythe aussi grand, une telle légende? C'est à toutes ces questions que "Batman Begins" répond. En apportant de plus amples explications parfois même détaillées, cette nouvelle version de "Batman" apporte un vent frais à l'un des super héros américains les plus appréciés. Imaginé en 1939 par Bob Kane, Batman n'avait jamais vraiment osé parler de ses débuts dans les compositions cinéma. A l'instar de "Spider Man", on découvre la transformation d'un homme en héros aux superpouvoirs, avec tout ce que cela comporte comme échecs au départ. Les débuts de Batman sont d'ailleurs fort perturbants puisque le personnage s'engouffre, après la mort de ses parents, dans une quête de rédemption de l'homme, une initiation à la maîtrise de la peur... C'est notamment durant cette prise de conscience qu'il fait la découverte de ses nouveaux "amis" qui vont le mettre au parfum des techniques mentales et physiques pour sauver le monde de la racaille. Il sera invité à rejoindre la Ligue des Ombres, une puissante organisation subversive, adepte d'une justice expéditive. Mais il ne s'y plaît pas et préfère mener son propre combat conte le mal qui sévit sur sa ville.

De retour à Gotham, plus noire que jamais, il mettra à plat tout ce qui tentera d'entraver sa quête de sauver le monde du mal. Les choix de Nolan pour la réalisation de son film furenti très controversés : Il décide de réaliser la plupart des décors sous forme de maquettes - une méthode qui n'était plus du tout ou très rarement utilisée. Le résultat est saisissant, voire même impensable. Sans égaler la version gothique de la ville livrée par Tiim Burton dans "Batman le défi", la ville n'en est pas moins saisissante. Ce détail a toute son importance car que serait Batman sans Gotham (et vice versa) ? De là, on part dans une aventure plus classique avec la panoplie de gadgets qu'il trouve au sein de Wayne's Enterprises, les cascades, les combats, les courses-poursuites en bat-mobile... Bref, de l'action fluide et rondement menée.

Là où le film gagne en qualité c'est dans l'interprétation brillante de Christian Bale endossant le costume de "Batman" avec brio. Son charisme apporte une noirceur à l'homme meurtri qui veut à tout prix exterminer la pègre dans la ville. La narration souligne parfaitement le côté sombre du personnage principal. Tout a été pensé pour que l'ambiance qui se dégage du comics soit retrouvée dans le film, d'où beaucoup de combats dans des ruelles sombres. Fortement inspirée du Batman de Frank Miller, la version de Nolan est menée comme un polar noir servi par des acteurs excellents. Car n'oublions pas que le film jouit aussi d'un casting de premier choix : Gary Oldman dans celui de l'inspecteur Gordon (pas encore promu commissaire), Katie Holmes (fade, la copine de Batman), Michael Caine (Alfred), Liam Neeson (dans celui de Henri Ducard), Ken Watanabe (le leurre Ra's Al Ghul) et enfin Cilian Murphy (Dr.Jonathan Crane) ainsi que Morgan Freeman (Lucius Fox), puis apparition peu remarquée de Rudger Hauer (Mr. Earle).

"Batman begins" est une authentique réussite et peut à juste titre être considéré comme la meilleure adaptation des aventures du chevalier noir sur grand écran. Cette genèse est parfaitement maitrisée, mature et très réaliste, et à en plus le mérite d'avoir ressucité un personnage mythique qui a bien failli ne jamais se remettre de ses deux précédentes adaptations.

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# Posté le mardi 04 septembre 2007 11:49

Modifié le mardi 04 septembre 2007 23:42